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Des nouvelles du centre fermé de Bruges, nieuws van de Refuge.
Des nouvelles du centre pour illégaux de Bruges 21/10/2012
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Suite à l’action devant le centre fermé de Bruges ce 20/10/2012 ,
http://bxl.indymedia.org/articles/5474,
http://bxl.indymedia.org/articles/5464, nous avons reçu des dizaines
d’appels des personnes enfermées dans le centre, pendant et après
l’action. Nous avons eu l’occasion de faire sortir la voix des personnes
enfermées dans ce centre, « contrôlé » et « cadenassé » par les
autorités et plus précisément par l’Office des étrangers.
http://www.openaccessnow.eu/news/2012/access-to-detention-migrants-camps-a-lack-of-transparency
Tous remercient les activistes pour leur action et ce dans toutes les
langues ! Beaucoup nous demandaient ce qu’ils pouvaient faire pour nous
aider lors de l’action.
Il y a une bonne centaine de personnes enfermées au centre fermé de
Bruges parce que sans papiers ou en demande d’asile. Ils sont répartis
en groupe d’une vingtaine qui dorment dans la même pièce. Chaque groupe
est escorté par des gardiens lors de ses déplacements dans le centre.
Les groupes n’ont aucun contact entre eux.
Certains groupes ont décidé de refuser leur sortie dans la cour et ont
refusé de manger pendant l’action de solidarité avec les activistes.
D’autres groupes ont préféré sortir pour essayer d’avoir des contacts
directs avec eux…
Dans la matinée, le groupe des femmes (20 à 30 femmes) a été empêché de
sortir dans la cour par la direction.
Ce que l’on a le plus entendu :
La solidarité qui existe entre les prisonniers et avec les activistes ;
la peur de sanctions ; la violence ; la présence de femmes enceintes ;
la présence de personnes gravement malades et sans soins ; les
expulsions violentes et non annoncées, ni à l’avocat, ni au prévenu ;
les conditions de détention plus qu’inhumaines…
Tous dénoncent leur enfermement. Beaucoup dénoncent les traitements
qu’ils subissent dans le centre :
- Aucun suivi médical, impossible de voir un médecin ou une infirmière.
Un groupe nous dit que tout le monde est très malade chez eux, qu’ils ne
voient pas de médecin et qu’ils se demandent pourquoi ils sont tous
malades.
- Les femmes sont révoltées. Certaines dénoncent la situation de
plusieurs femmes enceintes présentes dans le centre, sans suivi médical,
sans nourriture appropriée à leur état, jamais de fruit, rarement des
légumes. Plusieurs femmes pleurent toute la journée et sont désespérées.
Certaines ont été séparées de leur mari, parfois enfermé ailleurs.
- Beaucoup de Kurdes et d’Arméniens sont enfermés. Ils sont parfois en
Belgique depuis des années, parlent parfaitement le Néerlandais et
risquent très gros dans leur pays d’origine en cas d’expulsion.
- Certains dénoncent l’enfermement de personnes depuis plusieurs mois
sans raisons apparentes, sauf un laissez-passer que leurs ambassades
refusent de délivrer (et qui continueront clairement de refuser) et qui
permettrait leurs expulsions.
- Beaucoup ont très peur et nous demandent de ne pas « dire » qu’ils
ont téléphoné, de ne pas retéléphoner, car ceci pourrait être suivi de
sanctions graves, parfois d’une expulsion rapide, violente et sans
avertissement, parfois même sans laissez-passer ou un laissez-passer
magouillé par l’office des étrangers pour un pays qui n’est parfois même
pas leur pays d’origine.
-Certains nous révèlent qu’ils n’entrevoient comme solution que le
suicide ou l’évasion.
Certains ont évoqué des faits « très graves » qui ont eu lieu la
semaine passé à l’intérieur du centre, mais n’ osent pas en parler. Une
voisine a pu nous raconter qu’un détenu était perché sur un mur, qu’elle
a voulu lui amener une échelle pour lui éviter une chute et que la
police l’en a empêchée, disant qu’il devait sauter. Le détenu a fini par
sauter, s’est blessé et a été amené à l’hôpital. Vraisemblablement
d’autres incidents ou réactions ont eu lieu dans le centre à ce moment
là, mais impossible pour le moment de savoir: Dernière minute: Une
émeute a éclaté probablement le 14 octobre: bris de matériel et
incendie. Au moins 5 détenus ont été transférés vers le centre à
Merksplas et viennent d’être libérés du cachot. D’autres infos suivent :
Mainstream media:
http://www.nieuwsblad.be/article/detail.aspx?articleid=DMF20121016_00337169
A noter aussi que nous avons reçu des appels qui nous semblaient très
suspects, demandant qui nous étions, quelles sont les personnes qui nous
ont téléphoné, quand est-ce que d’autres actions auront lieu et où,
jusqu’à une demande d’aide à des évasions !
Bron : Getting the Voice Out





